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Dans le cadre de la 15ème journée de L1 , le maître mot aurait pu être «équipe». En effet, dans ce trop plein d’individualisme actuel, nos équipes de football ont tenté à leur manière de nous rappeler que l’union, la vraie, fait bien la force. Et cette force collective, certains clubs l’ont prise de plein fouet à l’image de Bordeaux, du Mans ou encore de Rennes. D’autres clubs ont réussi à les annuler mutuellement tels Strasbourg et Valenciennes. Enfin, plus cocasse, certaines rencontres ont tourné à l’union totale des deux camps...

Le choc

Débutons ce multiplex par le choc de la journée. Rennes quatrième ouvrait le bal contre le premier Lyon. Les espoirs des rennais ont duré une demi heure, le temps que la machine collective de l’OL se mette en place. Ceci fait, Benzema prenait de vitesse la défense bretonne et son défenseur nordique Hansson, qui commettait la faute à l’entrée de la surface. Un penalty était pourtant accordé, puis transformé par le capitaine Juninho. Le meilleur passeur du championnat avec 6 passes marquait au passage son cinquième but. Fort de cet avantage, le collectif s’est tu un instant pour laisser parler la magie Ben Arfa. Suite à une touche à vingt mètres des buts rennais, le jeune prodige entouré de trois adversaires passe dans un trou de souris et fusille Pouplin. Au bout de 45 minutes le match est plié. La deuxième période a été marquée par la blessure de l’autre joyau Benzema qui manquera peut être le gros match contre Barcelone mardi. Sans doute le meilleur collectif d’Europe actuel. Avec cette victoire, l’OL se rattrapait de son faux pas à domicile contre Marseille et en profitait pour prendre provisoirement six points d’avance sur Nancy et neuf sur Bordeaux avant les matchs du soir. Sept matchs au programme du soir donc dont un Caen-Bordeaux prometteur aux vues des récentes performances des deux clubs.

La taule, les tuiles, les fondations

On le sait, Caen pratique un beau football et commence même à prendre des points mérités. Bordeaux à l’inverse, ultra réaliste sous Ricardo, s’essaye au football avec Blanc, avec plus ou moins de réussite. Ce match restera donc sans doute comme un symbole des mentalités actuelles des deux équipes. Un match parsemé d’erreurs de communication, d’horreurs d’arbitrage, et de valeurs collectives.

Premier fait de jeu, très tôt dans la rencontre à la 10ème minute. Florentin centre dans la surface. Planus et Rame ne se parlent pas et se télescopent. Gouffran surgit de nulle part et ouvre la marque. Deuxième coup d’éclat à la 29ème minute. Deroin enveloppe un coup franc aux trente mètres, Rame se déchire et Sorbon surgit de nulle part pour doubler la mise. Les tuiles se poursuivent mais du côté arbitral cette fois ci à la 36ème minute. Monsieur Malige expulse Chalme pour un second jaune inexistant et enfonce un peu plus les girondins. Caen qui n’en demandait pas tant continue de dérouler son jeu collectif léché. En fin de match, nouveau coup du sort. Planus accroche Gouffran dans la surface. Monsieur Malige encore lui, pas emprunt d’un sentiment de culpabilité pour un sou applique la triple peine et sort un deuxième défenseur bordelais dans ce match. Grandin s’élance et transforme le penalty. Caen marquera deux autres buts sur des actions d’écoles à onze contre neuf par Eluchans et Gomis.

Une démonstration de beau football au stade Michel d’Ornano pour ces deux équipes en apprentissage qui ne laisse pas insensible les plus grands: «Nous n’avons pas été ridicules, au contraire, Caen n’a pas existé pendant les vingt premières minutes. Et dans le dernier quart d’heure, ’’on’’ (les Caennais) se prenait pour Maradona, avec des petits ponts et des sombreros. Ils nous ont pris pour des cons. Je les attends au match retour» . Frank Jurietti prouve ainsi, si certains en doutaient, que l’on peut être poète à la fois sur, et en dehors du terrain!

Enfin comment faire une séquence rire sans parler du match à Geoffrois-Guichard? Saint-Etienne qui possède sans doute une des meilleurs sommes d’individualités n’en est pas moins une des moins bonnes équipes. Le «scieur de planche» Laurent Roussey n’y est peut être pas étranger. Dans ce contexte et lorsque le collectif ne répond toujours pas présent, une aide extérieure peut être utile, comme une aide adverse par exemple. En effet les verts doivent leur victoire à un dégagement de Pichot (l’homme le plus poisseux de L1) sur Ilan qui a lobé Richert en fin de rencontre. Ainsi, Ilan et les siens ont pu remercier comme il se doit les Sochaliens de s’être ralliés à leur cause sur un but pour le moins...collectif.

Il fallait filer à Nancy pour voir un des plus beaux collectifs de France. L’équipe de Correa était à la poursuite de Lyon. Et c’est justement les deux sosies lyonnais de la maison qui se sont exprimés les premiers. Sur un coup franc «juninhesque» de Gavanon, Puygrenier a encore démontré que jouer avec sa tête peut aussi servir, lui que l’on compare à Cris dans la région. Issar Dia en a pris de la graine, et après un solo où il s’est débarrassé de sept lillois, l’international espoir a eut la lucidité affolante de servir parfaitement Brison pour le 2-0. Nancy qui continu de bâtir une grande maison avec un groupe de travailleurs équilibré et qui concurrence sérieusement l’hôtel lyonnais.
L’art de la passe

 

A l’image d’un article écrit par un uruguayen très célèbre, l’art de la passe est fondamental dans le football. Un art que maîtrisent parfaitement les auxerrois Kahlenberg et Pedretti. Dans une configuration pour le moins osée avec six offensifs et seulement trois défenseurs, les deux milieux axiaux ont par leurs multiples offrandes permis aux bourguignons de varier leur jeu, de progresser territorialement et surtout d’être décisifs dans les moments clefs. De ce fait, le danois a distillé deux passes pour Chafni (35e) et Niculae (81e) . Puis Pedretti a suivi l’exemple de son coéquipier pour mettre son orbite Jelen (87e) qui a lobé magnifiquement Rodolphe Roche. Une grande performance démontrant l’unité retrouvée du groupe de Jean Fernandes et qui plonge un peu plus le PSG dans le fond.

L’art de la tasse

Le paris saint germain en pleine noyade depuis de début de la saison a échoué sur la côte d’Azur. Une défaite 2-1 qui, malgré une erreur d’arbitrage sur un but valable refusé, a montré une nouvelle fois la supériorité d’un collectif face à la somme de talents individuels.

Marseille qui joue évidemment mieux avec Nasri et Valbuena ensembles, s’est donné de l’air en coulant Metz 3-1. Ne plongeons pas la tête la première, le score est à prendre avec des pincettes tant la valeur de l’adversaire est inférieure aux autres équipes du championnat.

Enfin Lens et Lorient se sont neutralisés 1-1 à Bollaert. Deux équipes qui ont beaucoup de mal à sortir la tête de l’eau.

Bonus DVD

Dans cette 15ème journée, trois équipes qui n’ont pas marqué ont réalisé exactement la même action. Décryptage.

Les Sochaliens défaits chez les verts 1-0, les valenciennois et les toulousains qui ont fait 0-0 respectivement à Strasbourg et contre Monaco, n’en ont pas moins joué.

A Saint-Étienne , Isabey drible côté gauche en piquant sa balle par dessus le tacle du défenseur puis centre en retrait. Dalmat met la tête qui heurte la transversale.

A Strasbourg, Mater drible côté gauche en déposant son vis à vis puis centre en retrait. Sebo reprend le cuir de volée qui finit sur la barre transversale.

Enfin à Toulouse, Mansare drible dans son style caractérise côté gauche. Par un double contact il passe entre deux joueurs puis centre en retrait. Emana reprend le ballon, mais son tir contré frôle les montants de Roma.

Dans cette 15ème journée, le mot «individualisme» n’avait pas sa place. Les véritables équipes ont apporté une définition graphique du mot collectif. Jouer coller, jouer ensemble, jouer pour l’autre, jouer avec sa tête. Bref, une définition très «championnat de France» en fait.
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Tag(s) : #blabla sur foot
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