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La vie de George Best est la plus belle histoire du football moderne. Une épopée incroyable en deux parties, qui raconte l’ascension d’un homme puis sa chute, qui fait rire et pleurer, qui inspire fascination et répulsion. Un mythe.

« J’ai toujours eu cette obsession : être plus fort que les autres. Partout et tout le temps. Sur le terrain, au bar, avec les filles, pour les fringues... ». George savait ce qu’il voulait et force est de reconnaître qu’il AVAIT ce qu’il voulait. Du moins au début. Il remportait nos victoires, buvait nos bières, baisait nos femmes et réalisait nos rêves. George était arrogant et on lui accordait ce privilège. Il était plus fort que tout le monde. La star. Et puis cette vie paillette est devenue trop grande pour lui. George s’est perdu, n’a plus rien contrôlé. Des années de dérives à y laisser sa santé. George est passé à la caisse et il a payé cash. Décidément, le plaisir a son prix. Best est aujourd’hui à bout de souffle, mal en point, usé. Pathétique, mais héroïque : George Best est un mythe, et un mythe ne meurt jamais.

L’histoire commence en 1961. George Best a quinze ans. La silhouette frêle, l’égo déjà placé. Avec Eric McMordie, un pote de Belfast, il prend l’avion pour manchester. Sir Matt Busby veut mettre les deux irlandais à l’essai pendant une semaine. Quelques jours plus tôt, il a reçu un télégramme de Bob Ship, son irish scout : « J’ai récupéré deux jeunes. Un bon et un génie ». Best et McMordie s’entraînent avec les pros. Fiers, ils sont irlandais, il ne demandent pas d’autographes. Best convainc Busby en une matinée. Mais, au bout de cette première journée, les deux gamins décident qu’ils en ont assez vu. Ils reprennent l’avion. Envie d’être avec les potes, de se marrer à Belfast, dans les rues du quartier ouvrier. A leur retour, le père de George contacte immédiatement Matt Busby. Pour s’excuser et demander une seconde chance pour son fils. Il n’aura pas à argumenter. Busby offre un contrat d’apprenti à George, qui se laisse persuader de partir définitivement pour l’Angleterre.

Les vrais débuts de Best pour Manchester United auront lieu en 63. Match de championnat contre West Bromwich Albion, le second du classement. United est leader, Best titulaire sur l’aile gauche. Premier ballon : il contrôle, présente la balle au latéral adverse, Graham Williams, puis l’efface d’un petit pont. Tout au long du match, Best ridiculise son opposant. Quelques années plus tard, Graham Williams, l’infortuné défenseur, recroisera Best. Hors des terrains cette fois. Il n’aura qu’une demande à lui formuler : « Peux-tu me regarder quelques secondes sans bouger ? Parce que, de toi, je n’ai jamais vu que ton dos qui disparaissait le long de la ligne de touche... » Les défenseurs anglais sont poètes à la bonne heure. Best s’installe durablement en équipe première. Ailier gauche, dribbleur, insolent, talentueux, plus fort. Joueur majeur à 17 ans. Lorsqu’il s’en va passer les fêtes de noël en famille à Belfast, sans prévenir personne, Busby le supplie de redescendre pour le match contre Burnley. Best dit oui, à condition que le club lui paye le billet d’avion pour repartir immédiatement après le match en Irlande. Accepté. Best est déjà une star, il le sait et en profite.

Pelé s’incline Son jeu respire l’arrogance. Les mancuniens et les irlandais, grandes gueules par obligation, adorent ça. A Belfast, l’Irlande du Nord affronte l’Angleterre. Sur l’aile, Best s’avance. Bobby Moore sort de sa défense pour le stopper. Best s’immobilise, pose son pied sur la balle et fait signe à Moore de l’attaquer. Mais Moore recule, repart se placer en défense. Effrayé. L’irlandais est un gamin. Il joue à l’instinct, ne pense qu’à s’amuser. En entrant sur le terrain, John McGrath, un défenseur de Southampton, le prévient : « Si tu me fais un petit pont, je te tue ». Première balle, petit pont, puis George s’arrête, attend que McGrath se replace, et le passe une seconde fois, nouveau petit pont. Rien à foutre. Best joue comme il le sent, théoriquement collé à la ligne de touche, il évolue, librement, partout sur le front de l’attaque. Lors d’un match de Coupe d’Europe en 66 contre Benfica, Busby ordonne à ses joueurs de laisser venir lors des trente premières minutes. Eusebio vient d’être élu Ballon d’Or. Benfica n’a pas été battu en 19 matchs de coupe d’Europe à domicile et fait peur. Mais Best ne craint personne. Il attaque d’emblée, fait le pressing à lui seul. Incapable de jouer contre-nature. A la mi-temps, Busby le prend sévèrement à parti pour avoir violé ses consignes et remis en cause son autorité. Mais voilà, après 12 minutes, Best avait réalisé le doublé. United l’emporte 5-1. A la fin du match, un supporter se précipite sur la pelouse, armé d’un couteau. Il veut s’offrir une mèche de la tignasse de George. Raté, l’Irlandais court trop vite. Ce soir-là, le commentateur portugais lui trouve un surnom « el beatle ». En fait, George préfère les Stones, plus rock. George Best a vingt ans.

Son statut de star planétaire est définitivement entériné deux ans plus tard. United est champion d’Europe 68, victoire à nouveau contre Benfica, 4-1 après prolongations. Best, buteur lors du match, meilleur marqueur du club cette saison-là, reçoit le Ballon d’Or France Football. Jean-Philippe Réthacker écrit dans l’hebdo : « Court sur ses jambes, Best est avant tout vif comme un éclair, dans son démarrage comme dans ses touches de balle et ses changements de direction. Ses dribbles en crochets, il les porte indifféremment du coté droit ou gauche de l’arrière adverse  ». Danny Blanchflower, sélectionneur de l’Irlande du Nord, fait dans le lyrisme : « Son jeu est un appel aux sens : sa rapidité, sa mobilité sont dignes des danseurs du Bolchoï. Un défi permanent à l’œil et à l’esprit, il a de la glace dans les veines, du feu dans le cœur et des pieds de funambule divin ». En une phrase définitive, Pelé assure la traduction : « Le meilleur joueur du monde, c’est lui ».

Une blonde sur le tapis du salon Best est au sommet. Il jouit d’une popularité incroyable : chaque jour, ce sont un millier de lettres de fan qui viennent encombrer le service courrier de Man U. L’émission Match of The Day vient de naître sur la BBC, Best en est l’unique star. Pour la première fois, un footballeur tourne dans des pubs. Il est signé chez Cookstown Sausages. « Cookstown, les meilleures saucisses pour toute la famille ». La gueule enfarinée, le sourire forcé, Best passe toutes les heures à la télé. Véritable icône et plein aux as, Best ouvre plusieurs boutiques de fringues à Manchester et Londres. Des restaurants aussi. Sa bagnole, une Jaguar Type E. Best aime le luxe : « J’aime penser que je suis un peu différent de ces gens qui viennent voir les matchs en costume et coup en brosse. J’aime la mode et tout ce qui a du style. Alors les jeunes, surtout les filles, me trouvent mignon et me traitent comme une pop-star  ».

Pour ses vingt-trois ans, il se fait construire une maison dans la campagne environnant Manchester. L’architecte a deux impératifs : il doit y avoir une piscine intérieure et une salle de billard. Le résultat est un ovni d’architecture moderne, une maison métallique. La crémaillère est royalement pendue. Plusieurs voitures de police, alertées par le bruit, rappliquent. George autorise les flics à participer à la fête, à une condition : qu’ils aillent chercher des bouteilles supplémentaires au magasin le plus proche. Les policiers s’exécutent. On ne refuse rien à Monsieur Best. La façade de la maison est barrée par une grande baie vitrée qui donne directement sur la route. Tous les jours, les filles s’y agglutinent pour apercevoir « Georgie ». Les plus téméraires osent sonner : « La meilleure, c’est la fois ou une superbe blonde a sonné a la porte. ’Ma voiture est tombée en panne juste devant chez vous, puis-je appeler SOS dépannage ?’ C’était un tel canon que je n’ai pas hésité. Avant que le garagiste arrive, j’avais pu lui soulever le capot et vérifier les branchements sur le tapis de salon... » L’ancienne maison de Best, où l’Irlandais a passé les premières années de sa vie mancunienne, devient un lieu de pèlerinage, comme cela se passe souvent avec les morts : on visite la demeure de Victor Hugo à jersey ou Guernesey. Les visiteurs, essentiellement des visiteuses, demandent à visiter la chambre du demi-Dieu. Le nouveau propriétaire compréhensif, laisse faire. On raconte que ces dernières savaient le remercier généreusement... Swinging Sixties : il ne se passe un jour sans que Best ne fasse les choux-gras des journaux. Casinos, cuites au champagne, mannequins, partouzes, mèches effilées. C’est la Bestlemania. Mais cette nouvelle vie à un prix. Best s’éloigne du terrain. Il manque des entraînements, récolte des amendes. Son niveau s’en ressent, frustré, il multiplie les signes d’énervement. Lors d’un match avec l’Irlande du Nord, il balance de la boue sur l’arbitre. Expulsion. A Manchester United, Sir Matt Busby a démissionné en 69. Il était le seul à pouvoir contrôler Best, ses successeurs n’y parviendront jamais. L’irlandais exaspère tout le monde : tellement talentueux qu’il demeure le meilleur buteur du club, Best pousse le dilettantisme à l’extrême. En Janvier 72, O’Farrell, le nouveau coach, lui inflige deux semaines de salaire d’amende et lui impose des séances d’entraînement supplémentaires. Le club lui ordonne également de quitter sa maison pour déménager dans un quartier plus tranquille, un simple appartement, le plus discret possible. Best ne supporte pas. Il part pour l’Espagne, Marbella, soleil, mer. C’est là qu’il annonce qu’il arrête le foot. A 26 ans.

Elton John dans la douche

Cette retraite ne durera que quatorze jours. United, après que Best ait présenté ses excuses, accepte de le reprendre. Mais Georgie est usé. Mentalement à bout, il cache les kilos superflus derrière une épaisse barbe. Best est en voie de clochardisation. Tommy Docherty, nouvel entraîneur et anglais austère, adepte d’un jeu rugueux sans fioritures, ne compte pas sur lui. Best s’enlise dans l’alcool et la fête. Trop d’alcool, trop de fêtes. Sa copine s’appelle Mary Stavin, elle est Miss Monde. Ensemble, ils enregistrent des vidéos de remise en forme. Best emmerde le monde. Ses coéquipiers, d’abord jaloux, s’agacent sérieusement. Bobby Charlton le déteste depuis le début. Willie Morgan, ailier écossais du club, n’en peut plus : « George pensait qu’il était le James Bond du foot. Il avait tout ce qu’il voulait, l’argent, les filles, la gloire. Il vivait au jour le jour et s’en est toujours tiré comme ça. Quand il manquait l’entraînement, les gens trouvaient des excuses à sa place. Il n’avait pas à en fournir. Il se foutait de tout ». Le 1er Janvier 1974, Best dispute son dernier match sous les couleurs de Manchester. La suite sportive sera minable. Best, empâté, lassé, miné par un physique qui ne suit plus, enchaîne les clubs pour la thune. Il part même jouer en Afrique du Sud. La législation sur les jeux d’argent y est encore plus permissive qu’en Angleterre, Best s’éclate. C’est à ce moment-là que l’alcoolisme, latent depuis 1968, le rattrape définitivement. La terre entière est prête à lui payer un verre et Best ne dit jamais non. Il y aura les Etats-Unis aussi. Un faux contrat avec les New York Cosmos, quelques matchs avec Fort Lauderdale Strikers puis les Los Angeles Aztec. La ligue américaine connaît des problèmes financiers et le club de Los Angeles est au bord de la faillite. La présence de George best attire un investisseur un peu spécial, Elton John. Il sauve le club en investissant à fonds perdus. Sa seule motivation : pouvoir mater George dans la douche après les matchs. Isolé, sur le déclin sportif, Best boit plus que jamais. « J’avais une maison au bord de la mer. Mais pour aller à la plage, il fallait passer devant un bar. Je n’ai jamais vu la mer  ». En 1975, il rencontre Angie McDonalds, un top-model américain. Ils décident d’emménager ensemble. Elle planque les clés de la voiture pour qu’il ne parte pas boire, lui impose des cures de désintoxication. Sans résultat. Les pilules, censées couper la soif, n’y peuvent plus rien non plus. « J’ai épongé des océans  », confessait alors Best.

Dernier match en taule

En 1976, le couple retourne en Grande-Bretagne. George continue de rentabiliser ses exploits mancuniens en alignant les piges. Il vit sur sa réputation, à la manière d’Elvis. Pathétique. Il y aura Stockport, Fulham, Hibernians, Bournemouth, Cork aussi, en Irlande. Best y joue trois matchs, ne laisse qu’une trace que les vieux supporters évoquent encore la larme à l’œil. « Pendant un match, George a dribblé un type, il était proche de la ligne de touche, il s’est arrêté, a tourné la tête pour vomir, puis il a repris la balle et centré... » Amoureux d’Angie, il la trompe régulièrement lors de nuits de beuverie. Elle retourne à Los Angeles en 78. George lui court après et elle accepte finalement de l’épouser. « Il a passé la nuit du mariage à boire et à jouer aux cartes avec ses potes. C’était insupportable », racontera-t-elle plus tard. Calum Best, futur mannequin, naît en 81. Le divorce est prononcé en 84.

Best dispute son dernier match cette même année. Avec Ford Open Prison. Une équipe de taulards. Tombé pour conduite en état d’ivresse et agression sur un agent de l’ordre, George passe deux mois derrière les barreaux. Il en profite pour marquer ses derniers buts. Le pays se divise en deux : d’un côté, ceux qui considèrent que Best est le seul responsable de sa chute, qu’il devrait pouvoir contrôler sa consommation d’alcool. De l’autre, une majorité, qui estime que Best est malade, qu’il a simplement besoin d’aide. Coupable ou victime ? Difficile de trancher. Best est irlandais, né d’une mère alcoolique dont il s’est toujours senti très proche. Sportive de haut niveau (internationale de hockey sur gazon), elle n’a jamais pu poser la bouteille. George se sentait coupable. Il pensait que sa popularité perturbait la tranquillité familiale et avait poussé sa mère à picoler.

Un foie artificiel En 1995, Best est élu sportif britannique du siècle. Sans que l’on sache si ce prix récompense ses victoires de footballeur ou sa légende de rocker. Il n’y a qu’une certitude, le destin de George fascine toujours l’Angleterre. Autant qu’en 1968. Ces passages dans les talk-shows battent des records d’audience. Surtout quand il arrive bourré en plateau, et c’est souvent le cas. Bon client, il parle de son passé et de sa déchéance avec humour. « J’ai dépensé 90% de mon argent en alcool et en femmes. Le reste, je l’ai gâché  ». Les bons mots ne manquent jamais. « A l’époque, si j’avais eu le choix entre enfoncer quatre défenseurs de Liverpool puis planter un but dans la lucarne ou en caser un dans les cages de Miss Monde, j’aurai eu du mal à me décider. Par chance, les deux me sont arrivés ». George fait le bouffon, monnaie son histoire. L’interviewer coûte une fortune. Sa dernière autobiographie s’est vendue à plus de 300000 exemplaires. Un film, raté, raconte sa vie. Les tabloïds ne le lâchent pas. On parle des bagarres, inévitables : « A chaque fois que je marche dans Londres, je tombe sur quelqu’un qui veut se battre avec moi. Des mômes de dix-sept, dix-huit ans, des hooligans. J’aimerais bien rester peinard dans mon coin, mais il y a toujours un trou du cul qui me cherche pour prouver à ses potes qu’il est le chef ». Sa fortune dilapidée, il lui a fallu vendre ses trophées pour s’acheter une petite maison en Grèce. Ses conquêtes, toutes blondes et jolies, se sont évanouies dans la nature. Claire, Rachel, Rebecca...La dernière en date s’appelait Alex. Ils s’étaient même mariés. Elle s’occupait de lui, l’aidait tant bien que mal à sortir de l’alcool, tolérait ses aventures. Mais un soir de saoulerie, George lui a tapé dessus. Alex est partie et a laissé George seul avec sa connerie. Tous les mois, il se rend à l’hôpital pour des examens approfondis. L’an dernier, les médecins lui ont transplanté un foie artificiel en lui imposant de ne plus boire, au risque de mourir. Mais George a replongé. Un flash spécial a interrompu les programmes anglais pour annoncer sa mort. Personne n’a été surpris. Mais une question restera sans réponse : George, as-tu réussi ta vie ?

Samedi 12 juillet 2003, commissariat de Walton-on-the-Hill, Surrey, Angleterre, un homme originaire de Belfast, en état d’ébriété au pub le Chequers, attend de dessaouler pour être relâché.

Une scène commune partout dans le monde. Sauf que cet homme, connu désormais des services de police du coin, l’est également de la population anglaise entière et de tous les fans de foot du monde entier. Georges Best, la légende du foot anglais, multiple champion avec Manchester United, surnommé le 5ème Beatles, n’échappe pas à la dépendance à l’alcool dont sont victimes nombre de joueurs anglais. Descente aux enfers après la gloire ?

Phil Robinson, auteur de “ Charlie Big Potatoes ”, livre qui raconte sa propre lutte, âpre, contre son addiction à la boisson, nous apprend dans le Guardian que, même au sommet de son sport, Georges Best se remplissait l’estomac de pilules pour s’empêcher de prendre sa dose d’alcool. Or, en Angleterre la boisson dans les pubs est un lien social indispensable, on sort pour boire, on veut être le “ good mate ”, le pote, celui qui boit avec les autres, paye sa tournée. Aussi, Phil Robinson d’ajouter : “ Tout alcoolique non traité veut payer un coup à cet homme. Et tout le monde s’attend à ce qu’il craque ”.

Au banc des accusés donc, la pression sociale et l’admiration de tout un peuple pour un homme connu pour son style de vie rock’n’roll dont la presse à scandale se régale (il y est par exemple conté que Best battait sa femme les mauvais soirs). Aguicheurs, hilarants, ridicules, pathétiques ces tabloïds. Mais comment cacher le côté plus sombre de l’histoire ? L’homme poursuit un traitement contre l’alcool depuis 1980 et l’an dernier, Mr Best était admis à l’hôpital pour une transplantation de foie controversée, en échange d’une promesse de ne plus boire d’alcool. À chaque verre bu, le footballeur risque donc désormais réellement sa vie. La faute également au photographe de News of The World avec qui Best s’est battu avant d’être arrêté ce soir-là. Il y a quelque chose qui se joue, là. Entre le sensationnel et la vie d’un homme, traîné dans la boue le lendemain. C’est aussi ça l’Angleterre du football.

L’aura-t-on poussé à boire ? C’est certain. Aussi certain que dès le lendemain des faits, le même journal sort un reportage exclusif sur “ l’incident ”. Les autres tabloïds reprenant l’information à leur compte allant même jusqu’à interroger ses proches et sa famille pour les faire parler de “ l’autodestruction ” de Best. Un homme aujourd’hui réduit à mettre aux enchères ses trophées de “ Meilleur joueur d’Europe ” et “ Meilleur joueur de Grande-Bretagne ” pour s’acheter une petite baraque en Grèce. Pour reprendre les mots de Phil Robinson, “ laisser tomber l’alcool est beaucoup plus dur que d’arrêter l’héroïne et la cigarette en même temps. 300 personnes ne célèbrent pas un mariage en sniffant une dose sur un bout d’aluminium chauffé, et si vous arrêtez de fumer, les gens peuvent vous offrir des cigarettes et vous haïr pour votre combat, mais ils ne diront jamais : “ Tu étais beaucoup plus drôle avant ”. Si vous croisez George Best dans un pub du Surrey, demandez-lui de raconter son fabuleux destin à l’eau minérale.

 

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Tag(s) : #blabla sur foot
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