Menée 5 - 3 à 5 minutes de la fin, La Grande Équipe s’est arrachée pour égaliser dans les tous derniers instants d’une partie qu’elle a pourtant largement maîtrisée. Et qu’elle aurait dû remporter face aux faibles joueurs de la Footeam, qui peuvent remercier leur putain de gardien de but chinetok en première mi-temps. Récit d’un gâchis.
Pourtant le coach avait le look
Un chiffre, celui du pourcentage de réussite. Footeam : 100%. Grande Équipe : 1%([1]). En ne concrétisant ne serait-ce qu’un quart de ses occasions franches, la GE serait ce matin en tête de sa poule. Au lieu de cela, la voici au beau milieu d’un classement qui, certes, ne veut pas encore dire grand chose. Mais à l’heure d’attribuer les tickets pour les poules or, argent ou bronze, ces deux points laissés sur le terrain gadoueux du stade Frédéric Joliot-Curie([2]) pourraient s’avérer cruciaux.
Il reste désormais six matchs pour se hisser à l’un des deux premiers rangs de la poule. Et au vu de ce qu’elle a montré hier soir, La Grande Équipe en a largement les moyens. Car même privée de nombre de ses pions essentiels (Ben, Raf, Adriano, Rodo, Edu, Samir), absents pour cause de blessure ou autres excuses plus ou moins bidons, elle a développé un jeu parfois plaisant, souvent simple et efficace, jusque devant le but en tous cas. Victime d’un cruel manque de réalisme devant les cages adverses, son malheur aura peut-être été de courir après le score pendant 60 minutes.
Nos fièrs guerriers
Dans un début de match catastrophique, peut-être en raison de l’heure d’attente dans le foid dûe au retard de la Footeam, La GE encaissait coup sur coup deux buts sur lesquels le valeureux Jon ne pouvait pas grand’ chose. (0-2, 8e). Au milieu d’une kyrielle de situations offensives et de frappes détournées par un gardien de la Footeam manifestement dopé, Le Suisse parvenait à réduire la marque d’une frappe pure du coup de pied. (1-2, 13e). Hélas, 30 secondes plus tard, coupables d’un léger relâchement, la Grande Équipe concédait un troisième but – que l’honnêteté journalistique nous oblige tout de même à qualifier de complètement chatteux – à la suite d’une partie de billard entre défenseurs rouge et noir (1-3, 14e). Loin de se laisser abattre par ce coup du sort, la GE repartait à l’attaque et David, après avoir d’abord envoyé le cuir sur la base du potal droit (20e), remit les siens dans le sens de la marche, d’une splendide volée croisée du gauche. (2-3, 26e). À la pause, le bilan était donc le suivant : Footeam : 3 occasions, 3 buts ; LGE : 30 occasions, 2 buts.
Baz remplaçait Jon dans les cages et la seconde période pouvait débuter. C’est alors qu’eut lieu, sans doute, le tournant du match. Une course plein axe, un léger décalage pour se mettre sur son pied droit, et Le Suisse, d’une frappe sèche, expédiait le ballon sur la transversale (32e). À 3 partout à cet instant du match, la machine Grande Équipe aurait pu véritablement se mettre en route. Mais le sort en décida autrement, et ce fut l’attaquant vedette de la Footeam, sorte de primate lobotomisé plus qu’être humain, qui gratifia l’absence de spectateurs d’un lob, il faut bien l’avouer, sublime, sur un Zilou qu’une contracture à la cuisse empêcha alors sûrement de sauter suffisament haut pour bloquer le ballon. (2-4, 33e). Un coup franc dudit primate vint ensuite s’écraser sur la barre, détourné qu’il y fut par le bout de l’ongle de l’auriculaire droit de Basile (37e). Et comme le football, c’est incroyable[3], la GE réduisit à nouveau le score grâce à un but footenfoliesque de Jon : l’avant-centre, respectant à la lettre les consignes de pressing tout terrain données avant le match, se jeta comme un mort de faim vers le gardien adverse. Celui-ci dégagea le ballon en plein sur Jon, qui, à la faveur d’un heureux rebond sur la fesse droite, propulsa le cuir dans le but vide. Sensationnel ! (3-4, 40e).
De l’euphorie, la GE passa toutefois rapidement à la détresse lorsque la Footeam marqua un cinquière but de merde dont je me souviens même plus d’ailleurs. (3-5, 50e).
Les rouge et noir étaient au bord de la rupture. Mais là où une équipe normale aurait sombré corps et biens, la GE fit montre de vertus mentales qui seront à coup sûr l’un de ses atouts lorsqu’il s’agira d’affronter des vraies équipes avec des vrais renois qui courent le 100 mètres en 9’’80. Et ce furent les nouveaux entrants qui sonnèrent la révolte. Gachardo tout d’abord, d’une frappe enveloppée et lobée des 18 mètres dont tout le monde, y compris lui-même sans doute, se demande encore comment elle a pu rentrer. (4-5, 55e). L’insaisissable David enfin, qui, dans un ultime élan, et au terme d’un bon cafouillage à l’ancienne, inscrivit le tant attendu but égalisateur, certes pas très esthétique, mais ô combien précieux ! (5-5, 59 minutes et 30 secondes).
Le match s’achevait sur un imbroglio, un sixième but de la GE étant – logiquement – refusé car le gong avait retenti depuis quelques secondes.
Qu’importe, La Grande Équipe avait sauvé l’essentiel (rester invaincu), pouvait quitter le terrain la tête haute (quoique pleine de regrets), et se concentrer sur les objectifs des semaines à venir (niquer tout le monde et finir premier du groupe, bordel).
Passion, robustesse, et match nul.
[1] Chiffres approximatifs.
[2] Frédéric Joliot (1900 – 1958) fut un physicien français qui, entres autres, œuvra à la création de la bombe atomique, et également un petit roublard qui décida de rajouter au sien le nom de sa femme, Irène Curie (la fille de Pierre et Marie), parce que c’est quand même la classe de s’appeler Curie. Résistant, il participa à la libération de Paname.
[3] Jean-Michel Larqué, lors d’Écosse-France, le 6 octobre 2006, match comptant pour les qualifications à l’Euro 2008.
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